Mardi 29 août 2017

Toujours aucun mouvement, donc j’ai « pris ma douche » dans ma cellule et je suis resté l’oreille collée à différents programmes d’information à la radio. Les prévisions météo pour aujourd’hui à Livingston : entre 10 et 15 cms de précipitations. Je pense que si nous passons la journée sans évènement négatif lié aux inondations, alors nous pourrions bien être sortis de l’auberge. Je peux voir le stress sur les visages des gardiens qui travaillent ici. Ils sont présents physiquement, mais leur esprit est ailleurs. C’est l’inondation qui les préoccupent. Moi aussi.

Lundi 28 août 2017

Ce matin, je me suis réveillé dans un couloir de la mort sans aucun mouvement, parce que seulement la moitié des gardes sont venus travailler. Ils n’ont pas assez de gardiens pour faire fonctionner la prison selon le planning habituel : récréations, douches, etc. Je suis dans un coin du bâtiment, et donc tout ce que je peux voir, c’est l’entrée du bloc, proche de ma cellule et un morceau du ciel qui la surplombe. C’est un peu exaspérant et totalement surréaliste d’entendre tout ce qui se passe autour de nous à la radio et de ne rien pouvoir voir, sauf la pluie qui tombe apparemment sans interruption. Plus tôt ce matin, de l’eau a commencé à gicler de la canalisation située entre ma cellule et celle d’à coté, et elle a coulé dans ma cellule. Pas bon du tout. J’ai pu stopper cet écoulement, j’ai calfeutré le bas de la porte et j’ai nettoyé cette eau sale. Mais pendant ce temps je me suis demandé : « Qu’arrivera-t-il si je ne parviens pas à l’arrêter ? ». Donc dès que j’ai pu, j’ai rassemblé mes affaires et je serai prêt à sortir de cette cellule si ça recommence. Je ne vais pas rester dans une cellule où les eaux des égouts se répandent. Ce fut donc la première conséquence de l’Ouragan Harvey ici dans le couloir de la mort.

Vendredi 25 août 2017

Je me suis levé ce matin pour faire mon linge de sorte qu’il soit sec avant l’arrivée de la pluie. L’orage est maintenant un ouragan : « Harvey »; d’après les informations, ce sera un ouragan de catégorie 3 lorsqu’il frappera Corpus Christi, avec des vents de 193 km/h, de la pluie, et même des tornades. J’écoute les nouvelles à la radio et à 19 heures, les autorités ont dit que si les gens ignoraient les avertissements et les ordres d’évacuation, ils devaient écrire leur nom et leur numéro de sécurité sociale sur le bras avec un feutre indélébile pour être identifiés… une fois morts – c’est ce qu’il faut entendre ! Ils s’attendent à ce que cet orage cause des morts. On prévoit plus de 80 cm de précipitations à Houston, ce qui occasionnera d’importantes inondations. Ce qui affecte Houston déferle très souvent sur la région de Livingston.

Jeudi 24 août 2017

Je ne peux pas m’empêcher de penser à cet orage imminent et maintenant ça m’affecte personnellement. J’espérais voir mon amie Abby au parloir aujourd’hui, mais quand j’ai entendu que la pluie et les inondations pouvaient arriver dès aujourd’hui, j’ai su qu’Abby ne ferait pas le trajet depuis Austin pour venir me voir. Ce n’est pas quelqu’un qui conduit par temps d’orage, et je ne souhaite pas non plus qu’elle le fasse.

Vendredi 18 août 2017

Vendredi 18/08/17 – Parfois, c’est difficile de croire à quel point les jours et les semaines filent à la vitesse grand V. Ce train-train quotidien, qui est le lot du couloir de la mort au Texas comme des prisons en général, change rarement et lorsque l’on fait les mêmes choses, toujours et encore, on cesse d’y prêter attention et les jours et les semaines se confondent et deviennent floues dans l’esprit. Alors, lorsqu’on relève la tête, on peine à croire qu’un mois entier s’est écoulé.

Ici, je refais les mêmes choses, des dizaines et des dizaines de fois, puis, il arrive que je fasse un pas de côté et, sans que j’y aie pris garde, six mois se sont écoulés. Mais, pour la première fois, je n’ai pas cette affreuse sensation d’effroi que je ne connais que trop et à laquelle il me faut faire face. Pendant si longtemps, j’ai eu l’impression de dégringoler du haut du Mont Everest. Après cette chute perpétuelle, j’ai maintenant un sentiment positif qui m’habite, et cette bonne vibration me confirme ce qui, je le sais, approche peu à peu. Alors, cette impression de temps qui file me fait plaisir, car chaque jour qui passe me rapproche de chez moi !

Lundi 31 juillet 2017

Lundi – Je me remets à travailler et à faire avancer les choses le plus possible chaque jour. Je suis très conscient de ce qui se profile dans un futur très proche, et c’est pour cette raison que je dois en faire le plus possible aujourd’hui. Depuis peu de temps ici, je refuse d’aller en récréation, pour rester concentré et ne pas m’arrêter. C’est difficile pour moi de me mettre en « mode travail ». C’est plus facile de traînailler, de lire, d’écouter de la musique, de dormir jusqu’à une heure tardive. Je sais faire ça sans effort. Se fixer des objectifs pour la campagne de défense et travailler sans relâche pour y parvenir, ça, c’est difficile.

EXECUTION WATCH* LE 28 JUILLET 2017.

Le 27 juillet 2017, Taichin Preyor, détenu du couloir de la mort au Texas, a été exécuté par l’Etat du Texas. Taichin Preyor a été envoyé dans le couloir de la mort du Texas en mars 2005 et il y a vécu en détention pendant 12 ans, avant que l’Etat du Texas ne procède à l’exécution de sa sentence.

Il aura fallu attendre 15 heures pour que le dernier appel de Taichin Preyor soit déposé auprès de la Cour Suprême des Etats-Unis. Puis, Taichin a dû attendre 20 heures passées avant d’être informé de la décision de cette instance, et d’apprendre que son sursis lui avait été refusé. La substance létale lui a été injectée dans le corps à 21 h 03 et il a été prononcé mort à 21 h 22. Taichi Preyor était âgé de 46 ans au moment de son exécution.

Taichin Preyor était l’un de mes meilleurs amis du couloir de la mort du Texas. Nous étions plus que de simples amis, nous étions comme des frères. Je l’aimais et avais pour lui une grande admiration. Son assassinat destiné à assouvir le désir de vengeance de l’Etat du Texas est un événement auquel il m’est très difficile de faire face. Dans le couloir de la mort du Texas, tout le monde connaissait Taichin sous le nom de « Big Tai ». Mon frère faisait 1 mètre 90 et pesait 125 kilos – il était tout en muscles. Ce colosse faisait de l’exercice 6 jours par semaine, rien ne pouvait le faire dévier de son programme d’entraînement physique.

Assis à ma table, je pense à Big Tai et le terme qui, pour moi, résume le mieux ce qu’il était est le mot VRAI. Lorsque l’un des camarades de ce géant était déprimé, mon ami avait toujours une parole ou un geste pour lui redonner le sourire. Il se souciait sincèrement de son prochain, surtout des hommes qui ne pouvaient s’exprimer pour eux-mêmes, ou se défendre seuls ; il était toujours là pour celui qui avait besoin d’aide. Lorsque ces diables ont pris la vie de mon frère, le couloir de la mort du Texas a perdu l’un de ses frères les plus forts, les plus courageux et les plus attentionnés et notre société a subi une grande perte du fait de la disparition de Taichin Preyor.

J’ai rencontré Big Tai peu après son arrivée au couloir de la mort du Texas Il venait de Bexar, dans le comté de San Antonio au Texas, mais il était originaire de New York. Mon frère avait grandi dans un HLM à Brooklyn, il avait la voix grave et cet accent typique de ce quartier de New York. Il faisait toujours rire et sourire ceux qui se trouvaient à ses côtés. Il était toujours positif et optimiste et son état d’esprit était contagieux. Après avoir parlé avec Big Tai, on se sentait toujours mieux – c’est comme ça qu’il était.

Chaque prisonnier du couloir de la mort du Texas s’y trouve pour homicide volontaire. Qu’il soit réellement coupable ou non, c’est une autre histoire, mais nous avons tous été reconnus coupables d’homicide volontaire et avons tous été envoyés dans le couloir de la mort du Texas pour y être détenus, jusqu’à ce que l’Etat du Texas mettre à exécution notre peine. Le fait est que la grande majorité des hommes du couloir de la mort du Texas s’y trouve à cause de la pire journée de leur vie. Le crime qu’ils ont commis l’a été dans un état émotionnel particulier, que ce soit la rage ou la jalousie, ou à cause de la dépendance à des substances, peu importe, le fait est que l’auteur du crime n’était pas dans son état normal. Après près de 20 ans de présence dans le couloir de la mort du Texas, je sais que c’est un fait incontestable, parce que je le vois chaque jour.

Je me suis rendu compte de cette vérité il y a longtemps et je ne demande jamais à un codétenu du couloir de la mort pourquoi il s’y trouve. Tous, nous avons reçu un verdict disant que nous étions moins que des hommes et qu’il fallait donc que nous soyons assassinés au nom de la justice et je suis bien la dernière personne à vouloir juger une autre âme.

Big Tai et moi nous sommes tout de suite bien entendus ; dès le premier jour de notre rencontre, nous sommes devenus amis. Cela m’arrive de temps en temps. Comme pour la plupart des amis proches que j’ai connus dans le couloir de la mort du Texas, notre relation a commencé ainsi. Je n’ai jamais vraiment su pourquoi Big Tai se trouvait dans le couloir de la mort du Texas – je ne souhaitais pas le savoir et n’avais pas besoin non plus d’être informé de son histoire. Nous avons ici un dicton qui dit ceci : « les âmes sincères se reconnaissent entre elles ». C’est comme ça que ça s’est passé entre Taichin et moi et après avoir vécu avec lui pendant plus de dix ans, je sais que c’était un frère qui, lorsqu’il  se levait chaque jour, avait à cœur d’œuvrer pour le bien, et c’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai été attiré vers lui et l’ai aimé comme mon propre frère.

Hier, j’écoutais l’émission de radio « Execution Watch » et, pour la première fois, j’ai appris certains des détails qui expliquaient la présence de Big Tai dans le couloir de la mort du Texas. Armé d’un couteau, il a pris la vie d’une dame avec qui il avait des rapports sexuels, et qui était aussi son fournisseur de cocaïne.   Il a aussi poignardé l’homme qu’il a trouvé au lit avec sa maîtresse. Sa culpabilité n’a pas été remise en cause.

Lorsque j’ai appris cette histoire, j’ai su que mon frère se trouvait dans le couloir de la mort du Texas à cause de la pire journée de toute sa vie, et que, depuis lors, ce géant avait vécu sa vie en œuvrant pour le bien, le mieux possible. Et cet homme respectueux et plein de compassion était le vrai Taichin Preyor.

Chaque être humain vivant aux Etats-Unis d’Amérique, y compris toute personne dont la culpabilité n’est pas remise en cause, a la « garantie » de bénéficier du droit à un avocat compétent lorsqu’il est inculpé d’un crime, lors du procès et lors des procès en appel, selon les termes de la Constitution des Etats-Unis. Et, si cette personne est pauvre, le gouvernement doit lui obtenir une défense efficace.

C’est un élément essentiel du système judiciaire des Etats-Unis d’Amérique. Si le défendeur accusé d’un délit ne dispose pas des services d’un avocat efficace, le système, qui repose sur la procédure contradictoire dans ce pays, s’effondre, et l’accusé est rapidement jugé coupable et se voit attribuer la peine maximale.

C’est ce qui s’est passé dans le cas de Taichin Preyor. Ses avocats lors du procès étaient extrêmement mauvais et ses avocats en appel auprès des instances de l’Etat pires encore. C’est à ce moment-là de cette terrible histoire qu’un membre de la famille a présenté à la mère de Taichin un avocat qui s’est qualifié « d’avocat à la retraite », alors qu’en fait, cet homme avait été rayé du Barreau et n’était plus autorisé à pratiquer le droit. Cet homme absolument pitoyable prend alors 45 000,00 $ à la mère de Taichin, en jouant avec ses sentiments et l’amour qu’elle a pour son fils, tout en lui promettant, bien évidemment, un miracle ! Cet avocat exclu du Barreau a dit à la famille que, parce qu’il était retraité, il avait besoin d’un autre avocat pour déposer la requête fédérale en habeas corpus établie au nom de Taichin. L’autre avocat était spécialiste des affaires immobilières et n’avait aucune expérience en droit pénal, et encore moins en matière d’appels déposés pour des condamnés à mort. Ces deux escrocs ont déposé un appel bourré de vices de procédure au nom de Taichin et, ce faisant, ont gaspillé la chance unique dont disposait mon frère de déposer un recours en habeas corpus auprès des instances fédérales.

Bref, Taichin Preyor n’a jamais bénéficié d’un avocat compétent ni n’a pu obtenir qu’un recours en bonne et due forme soit rédigé et déposé en son nom au moment où il en avait l’occasion. Après que ces deux avocats véreux aient pris l’argent et qu’ils aient disparu dans la nature, la possibilité qu’avait Big Tai de déposer un appel contre l’assistance inefficace de ses avocats lors de son procès ou de ses recours au niveau de l’Etat a disparu avec eux.

Je repense au 18 juillet 2017, soit la dernière fois que j’ai vu mon frère et que j’ai pu discuter avec lui au parloir juridique, alors que je me faisais fouiller après la visite. Il venait de rencontrer ses avocats en appel (ironie de l’histoire, il était désormais représenté par d’excellents avocats en appel, au terme de cette épopée), et, lorsque je lui ai demandé s’il pensait avoir quelque espoir d’obtenir un sursis à son exécution, il m’a regardé dans les yeux, a levé les épaules et m’a dit que ses avocats lui avaient fait savoir que ça s’annonçait bien, mais que l’on verrait… Alors que j’écris ces mots, je revois son visage et j’entends sa voix, mon frère savait comment cela finirait. Mais, fidèle à lui-même, il a laissé son visage se fendre d’un large sourire et il m’a dit qu’il était sur le même chemin que moi, celui de la liberté et à lui les festins « d’enchiladas** » ! C’est ainsi qu’il a su me mettre à l’aise, alors que je m’inquiétais de son moral, vu la situation.

Hier, l’un des gardiens du « Texas Department of Criminal Justice », qui travaille souvent au couloir de la mort, a traversé l’aile  où je vis et je lui ai demandé ce qu’il en était pour Big Tai. Il m’a dit que Taichin Preyor pensait qu’il allait être exécuté, parce qu’il avait demandé à ce que tous ses effets personnels soient transmis à sa famille lors de ses dernières visites. Les  nouvelles n’étaient donc pas bonnes. Mon frère ne s’attendait pas à revenir. Après avoir écouté l’émission « Execution Watch », je savais pourquoi.

Le Jeudi 27 juillet 2017 a été une journée très difficile. De 19 h à 23 h, je n’ai entendu aucun bulletin d’informations au sujet de l’exécution de Taichin Preyor. Je suis allé me coucher sans savoir si mon frère vivait encore où s’il avait été assassiné au  nom de la justice. Au matin, à 7h, j’ai écouté le bulletin d’informations matinal et j’ai appris qu’il avait été exécuté. La Cour Suprême des Etats-Unis était indifférente au fait que mon frère n’ait jamais pu disposer d’une représentation juridique compétente, droit normalement garanti par la Constitution des Etats-Unis. Pour ces juges, c’était juste un énième homme de couleur dans le couloir de la mort du Texas dont le temps était écoulé et pour qui l’heure de mourir avait sonné.

Mon frère n’est plus, il a été mis à mort par ces diables qui essaient de nous tuer tous. Je ne sais pas si j’arriverai un jour à accepter ce qui lui est arrivé. Alors que je pense à Taichin, je me rappelle aussi de la croyance des Indiens d’Amérique, pour qui, si l’on vit correctement, alors, la mort est plus douce. Je sais avec certitude que Big Tai a vécu une vie exemplaire les 12 dernières années de son existence. J’en ai été témoin, ainsi, il est passé sans encombres vers sa vie d’après. Repose en paix mon frère, je t’aime et tu me manques beaucoup.

 

Dédié au combat contre la peine de mort

Charles D. Flores

Le 28 juillet 2017.

*Nom d’une émission de radio diffusée les jours d’exécution

**Tortillas à la viande, gratinées au four

Jeudi 27 juillet 2017

Aujourd’hui, c’est le jour de l’exécution de mon frère Taichin Preyor. C’est la date qu’a choisi l’Etat du Texas pour l’assassiner au nom de la justice, et si l’Etat obtient ce qu’il veut, Taichin ne verra pas se lever le jour demain. C’est particulièrement difficile pour moi de penser que ces hommes avec qui je me suis si intimement lié soient jetés hors du monde des vivants. Quand leur heure approche, je songe alors à tout le temps que j’ai moi-même passé à regarder la mort en face, et à ce sursis obtenu à moins d’une semaine de ma propre exécution.

Je crois que je me trouvais déjà depuis environ deux mois dans l’antichambre de la mort (death watch) quand ces monstres ont amenés « Big Tai » dans cette partie de la prison. C’était la DERNIÈRE chose que je voulais voir. C’est déjà assez dur de devoir faire face à ce à quoi vous êtes confronté,  comment étais-je censé réagir alors que l’un de mes meilleurs amis était préparé pour l’abattoir, tout comme moi ? C’était presque trop dur à supporter. J’ai été heureux que l’avocat de Big Tai parvienne à persuader les juges d’annuler sa date d’exécution; ainsi, il ne resterait dans l’antichambre de la mort qu’un mois, peut-être. Mais, un peu plus tôt cette année, il s’est vu signifier une autre date d’exécution, et ça fait trois mois qu’il est de retour dans l’antichambre de la mort.

Aujourd’hui, à 17 heures, j’ai entendu les dernières nouvelles concernant Big Tai sur la station de radio de l’Etat du Texas, ils ont dit que son appel était en suspens auprès de la Cour Suprême des États-Unis. Je crains que ce ne soit pas une bonne nouvelle. La Cour Suprême suspend rarement les exécutions. Je viens d’écouter « Execution watch » (programme radio qui retransmet les exécutions) et je sais que son appel à été déposé à 16 heures. Ça va durer jusqu’à la nuit.

 

Mardi 25 juillet 2017

Ce fut une longue journée et j’ai fait beaucoup de choses. J’ai écrit l’article que Sergine m’a demandé pour la lettre d’information de l’ACAT (newsletter). J’ai attendu pour le faire, parce qu’il me fallait connaître la nouvelle date d’audience en examen de preuves. Maintenant que c’est fait, je me sens mieux. Je songe aux mois d’août et de septembre et à la manière dont je peux tirer le meilleur parti du temps qui reste jusqu’à cette audience. Poursuivre l’effort, avancer autant qu’on peut. Je ne peux pas m’arrêter, je ne vais pas m’arrêter maintenant.