Journal du couloir de la mort _21 février 2021

“Jour après jour, on choisit. Ce qu’on pense et ce qu’on fait, c’est ce qu’on devient”_ Héraclite

Pour le cas où vous ne le sauriez pas, nous avons eu un gros coup de froid! La plus basse température enregistrée : 6° F (-14°C), 26 degrés en dessous du point de gel [en degrés Fahrenheit, le point de gel est à 32° et le point d’ébulition à 212°] _ ce qui a provoqué l’explosion de la conduite d’eau principale. En conséquence, nous avons vécu sans eau dans l’unité Polunsky durant 3 jours et demi. Je vous épargne les détails mais je suis certain que vous pouvez imaginer ce que cela a été. Ce coup de froid polaire nous a privé de courrier, que ce soit l’envoi ou la distribution. Cela n’était jamais arrivé à Polunsky. Heureusement, nous n’avons pas eu de panne d’électricité, donc il y avait la lumière et le chauffage.

Ais-je dit que nous sommes en plein milieu d’un confinement médical, à cause du Covid19? Cela fait maintenant 2 semaines, et la rumeur dit que demain, nous retournons à la routine habituelle avec des repas chauds, la récréation et les douches. Nous verrons bien. Nous verrons bien, mais une chose est certaine, ce qui doit arriver arrivera, et ça me va.

En dépit de tout ça, je survis. Et même je profite bien, je suis plus concentré et plus déterminé que jamais à vivre mieux. Et voici pourquoi: la souffrance est universelle, mais le statut de victime n’est pas obligatoire. Nous ne choisissons pas ce qui nous arrive, mais nous contrôlons pleinement notre réponse. Et personnellement, je choisis d’être implacable. Inexorable dans mon combat pour la liberté. Inexorable dans la poursuite de mon objectif numéro 1 : l’accomplissement de ma transition dans la seconde moitié de ma vie, libre pour toujours et très loin du couloir de la mort. Je me concentre à y parvenir, ici, et j’espère que vous en faites autant là où vous êtes. C’est possible parce que nous avons le pouvoir de choisir comment nous répondons. Ma réponse, c’est de pousser plus loin. Si je trébuche, je me relève et je recommence. Je suis capable de faire ça parce que j’accepte tout ce qui arrive, complètement, et je continuerai d’accepter jusqu’à parvenir à mon objectif final : la liberté et la vie après le couloir de la mort. L’acceptation est la clé pour rendre ça possible.

« C’est la répétition d’affirmations qui mène à la croyance. Et ce que tu crois devient une conviction profonde. Les choses commencent alors à se réaliser . » – Mohamed Ali.

Aujourd’hui, je commence une nouvelle journée avec le voeu de poursuive le “Five minute journal”. En avez-vous entendu parler? Alors allez-voir sur le site www.intelligentchange.com. Pour faire court, c’est une méthode de journal: on s’engage à tenir un journal tous les jours, et on prend 5 minutes chaque matin au réveil, et chaque soir avant d’aller au lit. Ce livre est incroyable, et je sais qu’en pratiquant cette méthode, ça m’aidera à créer davantage de changements positifs et de croissance dans ma vie. Et pour moi, c’est ce que doit être la vie: grandir et se préparer pour le le succès complet, lorsqu’enfin je serai dans le monde libre. Tout le reste vient après avoir atteint l’objectif final.

Je trouve étonnant que l’Univers travaille, de sa propre volonté à m’envoyer ce dont j’ai besoin au moment où j’en ai besoin. Comme ce petit livre. Je ne savais pas qu’il existait mais ma grande amie et conseillère spirituelle, Glenna, me l’a adressé, parce qu’elle souhaite que je dispose de tous les outils possibles pour réussir ma vie. Mince alors! Elle m’a sacrément bien équippé! Glenna m’a quasiment fait cadeau de tous les chouettes livres qui ont transformé ma vie, et je lui en suis éternellement reconnaissant. Je suis au maximum de ma force, j’ai parfaitement retrouvé ma concentration et ma motivation, et maintenant je fonce tout droit. J’ai passé 23 ans dans le couloir de la mort, mais inscrit dans l’école de la vie. J’ai tant appris, et maintenant il est temps de me diplômer, de percer vers la liberté, et vivre mes prochaines cinquante années au soleil.

Hier, c’est de l’histoire. Demain est un mystère. Aujourd’hui est un cadeau. C’est pourquoi on l’appelle présent. _ Alice Morse Earle.

Le 2 février 2021, mon équipe d’avocats a déposé une nouvelle demande en appel d’ Habeas Corpus auprès de la Cour des appels criminels du Texas. Elle fait 826 pages, sans tenir compte des pièces à conviction. Ce “super appel” devrait changer la donne et devrait pousser cette transformation de ma vie sur quoi nous avons travaillé si dur. Bientôt ce document sera disponible sur le site web “charlesflores.com”, donc allez voir si vous avez envie de la lire.

Je sens venir une transformation importante dans ma vie, durant cette année 2021, et j’y suis prêt. Une grande prise de conscience qui pour moi s’est amplifiée récemment, c’est que dans la vie, la chance n’existe pas. Juste les bons ou mauvais tirages de cartes que la vie vous sert. Mon tirage de mauvaises cartes extraordinairement long est terminé. Le cours de ma vie a changé et nous sommes entré dans un tirage de bonnes cartes, et grâce à cela nous allons gagner, particulièrement dans l’arène judiciaire, où à la fin nous obtiendrons le gain créé par ce nouvel appel. C’est maintenant qu’il faut se tenir prêts pour le moment où ce changement arrivera enfin.

Bientôt la liberté!

Charles Don FLORES

SOUVENIRS DEPUIS LE COULOIR DE LA MORT – Samedi 27 Juin 2020

SOUVENIRS DEPUIS LE COULOIR DE LA MORT – Samedi 27 Juin 2020

« Pour vraiment prendre conscience de ce qu’est « le bon vieux temps », il faut en avoir fait l’expérience, ne serait-ce que le temps d’une après-midi ». Will Brantley

Ce matin, j’ai commencé ma journée comme d’habitude dans cette cage de 5,5 mètres carrés dans laquelle je vis depuis 22 années, à l’isolement, dans le couloir de la mort du Texas. J’ai réussi à dormir presque huit heures, sans être réveillé 4 ou 5 fois. Je crois que je ne me suis réveillé qu’une ou deux fois, donc je me sens bien. Ma routine consiste à me lever, me laver, boire un café, nettoyer ma cellule, faire un peu de sport et de pratique spirituelle, puis la journée démarre. Pendant que je buvais mon café, j’ai ouvert un magazine qui était arrivé la veille avec le courrier. Il s’agit de « D magazine ». C’est une publication qui parle de Dallas, au Texas – c’est chez moi.

Alors que je continuais de boire mon café et que je feuilletais ce magazine, je suis tombé sur un article intitulé « Souvenirs autour du grill ». L’article parlait de quatre personnes et de leurs souvenirs liés aux grillades faites au charbon de bois. Au Texas on appelle ça un « Barbecue », ou « bbq ».

En tout bon Texan que je suis, j’associe le « bbq » à quantité de souvenirs et à un paquet de bons moments. C’était « bbq », bière, et musique. Au fur et à mesure que je lis cet article, une énorme vague de souvenirs qui datent du bon vieux temps, quand j’étais jeune et que je pensais vivre éternellement, m’envahit. A l’époque, vivre consistait à travailler toute la semaine et attendre le weekend pour se retrouver entre amis et s’amuser. Je n’avais alors pas cette épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Quand j’avais 16 ans, ma famille et moi, on a déménagé. On a quitté l’ouest du Texas pour rejoindre la région de Dallas, dans une banlieue qui s’appelle Irving. Déménager a été difficile, et j’ai eu du mal à m’adapter. Durant mes deux premières années à Irving, je ne me suis pas vraiment fait d’amis. Au lieu de ça, je trainais avec mes frères aînés, tous des junkies, ce qui était bien la dernière chose dont j’avais besoin car tout ce que j’ai appris, c’est à consommer des drogues comme eux !

Quoi qu’il en soit, c’est à l’âge de 18 ans que j’ai rencontré mon premier véritable ami à Irving. Il vivait en face de la nouvelle maison dans laquelle nous avions emménagé. Il s’appelait Cody. C’était un accro au skate et un fumeur de joints, autrement dit, il avait les cheveux longs et aimait faire la fête et rouler en skateboard. Il avait 16 ans quand on s’est rencontré. On est très vite devenus inséparables. Il était cool, on s’entendait bien.

J’étais celui qui venait d’arriver en ville, or, Cody avait grandi à Irving. Il connaissait tout le monde, et on avait toujours quelque chose à faire, une soirée où s’incruster, un concert à ne pas louper, une fête foraine où s’amuser, et j’en passe ! Et c’est moi qui avais la caisse.

Quand j’ai eu 18 ans, mon père m’avait acheté une El Camino de 1972 au moteur surgonflé. Il n’était pas au courant que le moteur avait été quelque peu trafiqué et il n’avait aucune idée de ce qu’il m’avait mis entre les mains, mais moi, je le savais, c’était notre caisse. En plus, les El Camino sont construites par Chevrolet, elles sont moitié Chevelle, moitié pick-up ! Elle avait une plateforme à l’arrière, en un mot, elle était cool ! Sans parler du fait qu’elle avait un moteur V8 surpuissant de près de 6 litres qui était plus ou moins indestructible. Et quand effectivement on le cassait, on savait le réparer.

Notre truc à nous, c’était de nous balader en voiture dans Irving le vendredi soir. Il y avait une rue en particulier où tous les jeunes allaient circuler au pas en faisant de grands cercles, histoire de mater les filles (ou les gars !), de discuter entre potes et de s’amuser. À minuit on allait rejoindre l’autoroute et on descendait jusqu’au Loop 12 et Northwest Highway – c’était l’un des endroits où les jeunes faisaient des courses de rue. Cody et moi, on était connu grâce à la El Camino ; elle était rapide, j’étais un dur, lui connaissait tout le monde et personne ne pouvait nous dire quoi que ce soit ! On pensait qu’on allait vivre éternellement, quoi.

Au début des années 90, les courses de rue c’était l’occasion pour des centaines, et parfois pour plus d’un millier de personnes, de se rassembler et de venir faire de grandes fêtes autour des courses de voitures en ligne droite. C’était comme dans les films, c’était un rêve de gamin !

Cody et moi, on restait dehors jusque 4 ou 5 heures du matin, au moment où les gens commençaient à partir après avoir fait la fête toute la nuit. On remontait un peu à regret dans la El Camino avant de rejoindre l’autoroute et de retourner à Irving, et je ne sais trop comment, on arrivait à rentrer chez nous en un seul morceau. On faisait ça tous les week-ends, le vendredi soir et le samedi soir ; si vous vouliez savoir où on était, c’était aux courses de rue. Avec tous les potes.

Alors, je ne dis pas que c’était bien, je ne cherche pas à enjoliver le passé, je dis simplement que c’était ce que l’on faisait à l’époque.

Le dimanche matin arrivait, on se levait vers 11 heures. Lui était chez lui et moi chez moi, avec mes parents. On savait déjà ce qu’on allait faire le dimanche. On faisait monter mes Pitbull terriers américains dans la El Camino, on prenait la glacière et on allait au Lac Grapevine pour faire un barbecue ! Il fallait aller chercher une conserve de maïs, une boîte de haricots « Ranch Style » et 4 ou 5 grosses pommes de terre dans le garde-manger de maman.

Quand je sortais de la maison, je trouvais Cody la plupart du temps en train de fumer une cigarette, assis sous son porche, puis il rejoignait l’allée, il savait quoi faire : prendre la grande glacière, sortir du garage la caisse à bouteilles de lait en plastique qui contenait tout le nécessaire pour le barbecue et balancer le tout à l’arrière de la voiture, avant d’aller chercher les chiens.

Quand on a quitté Midland pour Irving, on a pris Kelly avec nous. C’était un pitbull au poil blond et à la truffe rouge. C’était une chienne de grande taille pour sa race, elle dépassait un peu mon genou et pesait un peu moins de 30 kg ; c’était que du muscle. On a fait s’accoupler Kelly avec le pitbull d’un ami et j’ai fini par garder l’un des chiots que j’ai appelé Spike.

Kelly était un bon chien, mais Spike était unique. Il avait le poil de la couleur du daim, et avait comme des chaussettes noires aux pattes. Il avait la truffe violet foncé. Il pesait un peu plus de 20 kg, que du muscle, lui aussi. Il était très beau et aurait pu être un modèle pour la race. Et c’est qu’il était futé ! Ces deux chiens avaient été dressés, Cody et moi, on travaillait toujours avec eux.

Ils allaient dans le jardin, derrière notre maison, et c’était comme s’ils savaient quel jour on était, ils étaient prêts à partir. J’ouvrais la porte et leur disait : « Allez ! Dans le pick-up ! ». C’est alors qu’ils s’élançaient puis sautaient au fond de la plateforme du pick-up, prêts à partir. Les chiens adorent rouler dans une voiture ou un pick-up, ils ne vivent que pour ça ! J’attrapais leurs colliers avec des pics et leurs laisses en cuir, on était prêt à décoller.

On démarrait la El Camino et on se mettait en route. Pour cette sortie, on devait s’arrêter au supermarché avant de quitter Irving. On s’arrêtait à la superette la plus proche, Cody restait dans le pick-up avec les chiens et moi, j’entrais dans le magasin et allais directement au rayon boucherie. En général, j’achetais un gros morceau de poitrine de bœuf, mais parfois je choisissais des côtes de porc ou des cuisses de poulet. Je prenais des tomates fraîches, des poivrons, des oignons, un sac de charbon de bois, et on était repartis.

Le prochain arrêt, c’était la Northwest Highway, c’est à dire la piste de course. Là, on faisait le plein de la El Camino et on achetait de la bière. En général, on prenait un pack de Budweiser et deux sachets de glace que l’on vidait dans la glacière avec la viande et les autres aliments.

Puis on reprenait la voie rapide et on partait vers Grapevine, au Texas. C’est là qu’est le lac Grapevine. La El Camino avait un autoradio, c’était 30 ans en arrière, donc là, c’était des cassettes quoi. Cody en avait toujours 2 ou 3 dans sa poche, des cassettes de Heavy Metal. Metallica, Slayer, Anthrax. On mettait la musique à fond et on roulait à toute berzingue, pressé qu’on était d’arriver au lac.

Le trajet durait peut-être une demi-heure, et une fois arrivé au lac, il y avait un endroit en particulier où on allait, où tous les motards se réunissaient. Quand il faisait beau, on pouvait voir 50, voire 75 Harley Davidson, toutes chromées, garées en file dans la partie en bordure du lac aménagée en parc géré par l’État. On se dépêchait car on voulait absolument l’une de ces tables couvertes dotée d’une grille de barbecue insérée directement dans la dalle de ciment. C’était peine perdue si on arrivait après midi ! Toutes les tables et leurs grilles étaient prises. Mais on s’est jamais retrouvé le bec dans l’eau. On garait le pick-up dans la petite zone et on déchargeait tout le matos et la barbaque. On sortait les chiens, mais on les tenait avec nos laisses de deux mètres parce qu’il y avait d’autres chiens et d’autres personnes qui couraient, on ne voulait pas d’embrouilles avec quelqu’un si l’un de leurs chiens se faisait mordre par les nôtres.

Cody, c’était toujours le DJ. Il ouvrait les portières de la El Camino et mettait le son à fond, il adorait la chanson « Ride the Lightning » de Metallica, et depuis ce jour, chaque fois que j’entends une musique de cet album, je repense à ces moments-là et à mon vieil ami. On en était alors à 3 bières et comme d’habitude, il roulait un joint, on le fumait, puis je jetais le charbon de bois sur le grill, avant de l’arroser avec le liquide combustible qui faisait partie du matériel que l’on prenait pour nos sorties barbecue au lac. Après avoir laissé le charbon de bois s’imbiber du liquide 10 minutes, je l’allumais. Ce feu, il était grand et vif, et les flammes nettoyaient le grill. Pendant que le charbon brûlait, je préparais la nourriture, c’était moi le cuistot. J’ai toujours été un cuistot ! Haha ! En général, ça se passait comme ça : je prenais le papier aluminium et j’étalais deux morceaux d’environ 50 cm de côté avant d’ouvrir la poitrine et de la déposer sur le papier. Je l’assaisonnais avec du sel, coupais le poivron vert en morceaux, puis les oignons et les tomates en tranches avant d’en recouvrir le grand morceau de viande. Je refermais la poitrine, vérifiais quel l’alu soit bien étanche et c’était parti pour la cuisson. Je prenais les pommes de terre et les enroulais dans du papier aluminium avant de les jeter dans le charbon de bois, c’était comme des pommes de terre cuites au four ! Puis je mettais la poitrine emballée dans le papier aluminium sur le grill et la laissait cuire.

Pendant que la nourriture cuisait toute seule, nous, on buvait quelque chose comme 6 bières chacun, on fumait parfois quelques joints de plus et on restait assis sur le hayon de la El Camino, à regarder les gens passer. On en voyait de tous les genres : des couples âgés qui avaient certainement été des hippies quand c’était dans l’air du temps, des motards et un paquet de nanas ! Haha ! On avait évidemment nos chiens avec nous, et c’est alors que Spike entrait en action. C’était un chien magnifique, et je n’ai toujours pas vu de fille passer devant sans s’arrêter pour le caresser et faire connaissance avec lui : le moyen parfait d’engager la conversation ! Haha ! Évidemment, les amis que l’on voyait aux courses de rue se pointaient, et on se retrouvait avec toute une bande de potes là-bas aussi. Parfois mes frères se radinaient, sinon il y avait des semaines où on allait tous ensemble au lac. C’était la belle époque. On avait de la bonne musique, de la bière fraîche et de chouettes amis avec qui discuter, c’était génial. Après 4 ou 5 heures, les grillades étaient parfaites. Et après avoir bu 6 ou 8 bières fraîches, on avait faim ! Haha !

On prenait les conserves de haricots et de maïs, on marquait un creux sur le côté des boites et on les plaçait sur le feu pendant environ 30 minutes avant de passer à table. On accompagnait le tout d’un grand morceau de pain à l’ail enroulé dans du papier aluminium que j’avais aussi acheté au supermarché. Le temps que les haricots et le maïs aient fini de chauffer et que le creux sur le côté de la boîte ait fait « pop », le pain était chaud et prêt à être mangé. On retirait le tout du grill et on entamait le repas. La poitrine de bœuf était parfaite : tendre, moelleuse, accompagnée des légumes qui avaient cuit sur le dessus. Les pommes de terre aussi : la peau était croustillante et l’intérieur chaud et moelleux, ça faisait fondre le beurre. Et le pain, c’était la touche finale ! C’était parfait, rien à redire. On mangeait jusqu’à plus faim, tout comme les chiens. Pour moi, c’était ça le bon vieux temps… Tout m’était instantanément revenu à l’esprit en lisant l’article dans le magazine. Pour moi, c’était le paradis !

Charles D. FLORES #999299

Unité Polunsky, Couloir de la mort, Texas

Samedi 27 juin 2020

NOUVELLES DU COULOIR DE LA MORT – LUNDI 1ER JUIN 2020

NOUVELLES DU COULOIR DE LA MORT – LUNDI 1ER JUIN 2020

« Les paroles venues du cœur sont un rayon de miel, Douces pour l’âme et salutaires pour le corps. »

– Proverbes 16:24

Il n’y a pas longtemps, j’ai lu un article à propos d’un orque qui s’appelle Talequah et qui a accouché l’été dernier. Le groupe d’orques de Talequah était en danger et leur seul espoir de survie était ce nouveau-né. Mais le veau a vécu moins d’une heure. Dans une démonstration de deuil à laquelle ont assisté les gens du monde entier, Talequah a poussé son veau mort dans les eaux froides de l’océan Pacifique pendant dix-sept jours avant de le laisser partir.

Quand j’ai lu l’article à propos de Talequah et de cette terrible perte, j’ai été profondément ému car je comprenais au plus profond de moi ce que c’était de subir ce genre de perte qui vous brise le cœur et de ne pas pouvoir lâcher prise. Quand j’ai perdu ma mère l’an dernier, sa perte m’a fait réaliser qu’avec elle, c’était aussi mon père, mon foyer et le rêve de retourner dans le passé pour consacrer ma vie à m’occuper d’eux qui étaient partis. Comme le veau de Talequah, j’avais tout perdu, et rien ne serait plus comme avant. Quand on se retrouve dans ce genre de situation, impossible de lâcher prise. Impossible d’arrêter de penser à ce que l’on a perdu. Car tout ce que moi et ma chère famille avons partagé a disparu à jamais.

Quand je repense à ces jours, ces semaines et ces mois de chagrin dans ma vie, je sais ce qui m’a permis de les surmonter. C’était ce qu’avaient fait celles et ceux qui m’ont aimé et se sont souciés de mon bien-être. Toutes celles et ceux qui ont accouru, et qui m’ont aidé à me relever et m’ont dit des mots remplis d’amour, de bonté, et qui m’ont encore montré que nous étions amis. De vrais amis qui ont pleuré avec moi, qui m’ont tenu la main et ont laissé leur cœur se briser avec le mien. Car lorsqu’on est confronté à de telles pertes, rien ne peut « améliorer la situation ». Et ces amis des beaux jours, les anciens comme les nouveaux, ils ont fui cette situation pour se distraire avec tout ce que leur privilège leur permettait. Parce qu’être humain, c’est pénible, et c’est extrêmement difficile.

« La véritable grandeur d’un homme ne se mesure pas à des moments où il est à son aise, mais lorsqu’il traverse une période de controverses et de défis », Martin Luther King Jr.

J’ai compris que de part le chagrin et la souffrance que nous traversons lors de cette expérience que nous appelons la vie, il est dans la nature humaine de se lamenter et d’être amené à exprimer notre douleur et notre chagrin. C’est le prix à payer pour aimer quelqu’un à tel point que l’on aurait l’impression de mourir si nous venions à le perdre. Je me suis souvent demandé pourquoi je traversais ces longues périodes de souffrance extrême, mais je n’ai pas trouvé de réponse. Ça faisait partie de la vie, c’était quelque chose dont nous ferions l’expérience tôt ou tard.

Puis, mon appel concernant l’hypnose a été rejeté par la cour d’appel pénale du Texas (CCA). Lorsque j’ai appris que nous avions perdu et que nous devions passer au plan B, il m’a fallu environ 5 minutes pour me remettre de cette perte et ACCEPTER le fait que, pour une raison quelconque, il n’était tout simplement pas l’heure pour moi d’être libre. Nous sommes loin d’avoir épuisé tous les recours ; d’autres appels  nous mettront encore à l’épreuve. En termes de temps réel, ça veut dire que je serai ici pendant encore quatre ou cinq ans, et ça, je l’ai accepté.

En arrivant à ce niveau d’acceptation dans ma vie, j’ai réalisé pourquoi j’avais dû endurer une douleur aussi terrible, voir mon cœur se briser et souffrir aussi longtemps : la disparition de mes parents, la perte de notre foyer et de notre rêve, l’abandon de l’une de mes meilleures amies… tout ça…. J’ai su en un instant que si j’avais à traverser tout ça, c’était pour mieux me relever et continuer d’avancer après avoir subi cette perte. Car c’est l’une de mes plus grosses pertes. Et laissez-moi vous dire quelque chose, c’était un sacré coup que j’ai pris, mais j’ai acquis une telle force que même la perte de l’appel pour l’hypnose ne m’a pas fait perdre le fil. Maintenant, je suis à 100%, je n’ai rien perdu de ma motivation. Et si j’ai pu encaisser un tel coup et continuer à avancer, c’est grâce aux énormes pertes que j’ai subies ces deux dernières années.

À ce combat qu’est la vie ! Et la paix et la justice pour tous !

Charles D. Flores No. 99299

Couloir de la mort

Lundi 1er juin 2020

NOUVELLES DU COULOIR DE LA MORT DU TEXAS – Dimanche 26 Avril 2020

NOUVELLES DU COULOIR DE LA MORT DU TEXAS – Dimanche 26 Avril 2020

Amour et Bienveillance (Méditation Metta *)

Trouvez-vous un endroit confortable et tranquille et installez-vous en position assise, les mains sur les cuisses ou sur les genoux. Fermez les yeux et prenez une inspiration profonde, puis expirez. Faites-le trois fois.

Inspirez profondément. Expirez, videz vos poumons. Recommencez.

Prenez conscience de votre présence.

Ressentez votre présence ici et maintenant.

Attardez-vous sur ce ressenti.

Ressentez de la joie.

Pensez à une chose positive dans votre vie.

La pratique de la méditation de Metta, qui signifie amour ou bienveillance, commence toujours par une aspiration au bonheur pour vous-même.

Donc, dites-vous, à votre sujet:

J’aspire à la sécurité.

J’aspire à la joie.

J’aspire à la force.

J’aspire à une vie sans entraves.

Pensez à une personne que vous aimez énormément, un parent, un(e) compagnon/compagne, un enfant, un frère ou une sœur, quelqu’un pour qui vous ressentez énormément d’affection, quelqu’un dont la pensée vous met en joie. Il en existe sans doute plusieurs. Pour l’instant, choisissez-en une. Imaginez cette personne devant vous. Imaginez qu’elle ressente le fait que vous évoquiez sa présence. Maintenant, évoquez intérieurement ces mêmes souhaits pour cette personne.

J’aspire à ta sécurité. J’aspire à ta joie. J’aspire à ta force. Je te souhaite une vie sans entraves.

Pensez à une autre personne que vous aimez beaucoup. Imaginez-la et souhaitez-lui:

J’aspire à ta sécurité. J’aspire à ta joie. J’aspire à ta force. Je te souhaite une vie sans entrave.

Relâchez toutes les tensions de votre corps. Je conseille souvent aux gens de sourire lorsqu’ils énumèrent ces souhaits. Ce sourire permet un relâchement de tout le corps. Pensez à quelqu’un qui vous vient rarement à l’esprit mais que vous reconnaitriez si vous le voyiez. Moi, je pense toujours à Paula, ma coiffeuse pendant 10 ans. Je l’aime beaucoup, mais en principe, je ne pense pas à elle en dehors de ma pratique méditative. Donc, j’aime bien penser à elle parfois, au milieu d’une énumération de souhaits, ainsi, mon lien avec elle se charge un peu plus de tendresse. Pensez à une personne que vous connaissez à peine et souhaitez-lui:

Sécurité. Joie. Force. Et une vie sans entraves.

Pensez aux gens dont le visage vous est familier. A des étrangers que vous croisez régulièrement, des étrangers que vous ne connaissez pas, près de vous et loin de vous. Tout autour de nous et au-delà, partout dans le monde. A tous les gens, nos semblables, qui ont une vie, des souhaits, tout comme nous, qui veulent vivre en sécurité, dans la joie, qui veulent se sentir forts, vivre sans soucis, qui, en tant qu’êtres humains, partagent avec nous les mêmes espoirs et les mêmes rêves. Qui souhaitent rentrer voir leur famille, être en mesure de prendre soin de leurs proches, de célébrer un autre anniversaire. Faites des souhaits pour tous ces gens, pour tous ces êtres, qu’ils soient proches ou lointains :

J’aspire à votre sécurité. J’aspire à votre joie. J’aspire à votre force. Je vous souhaite une vie sans entraves.

Avant de rouvrir les yeux, pensez aux personnes qui sont près de vous, au voisin d’à côté, au couple qui vit dans l’appartement du dessous. Prononcez ces souhaits dans votre tête, mettez-y de l’intention, diffusez en pure conscience ces souhaits autour de vous.

J’aspire à votre sécurité. J’aspire à votre joie. J’aspire à votre force. Je vous souhaite une vie sans entraves.

Au moment d’ouvrir les yeux, peut-être seul dans votre appartement, peut-être en train de partager cette méditation Metta avec un(e) compagnon/compagne ou des membres de votre famille, visualisez tous les gens qui, partout dans le monde, et peut-être là, juste devant vous, vous ont, eux aussi, adressé leurs souhaits. Ainsi, nous pouvons tous nous unir faire de la terre un monde meilleur !

(Note. Cette pratique méditative a été modifiée à partir d’un texte donné par Sylvia Boorstein pour, je l’espère, correspondre à nos besoins actuels.)

Om Shanti! Shanti! Shanti!**

Charles D. Flores.  #999299

* Metta veut dire amour, amitié ou bienveillance illimitée et universelle

** Paix pour l’univers et l’humanité

 

NOUVELLES DU COULOIR DE LA MORT DU TEXAS – Samedi 25 Avril 2020

NOUVELLES DU COULOIR DE LA MORT DU TEXAS – Samedi 25 Avril 2020

“C’est la joie véritable de la vie: poursuivre un but que l’on sait essentiel ; être une force de la nature et  non pas un petit amas autocentré et souffreteux d’afflictions et de griefs, à se plaindre que le monde ne s’emploie pas à nous rendre heureux”. George Bernard Shaw

L’autre matin, j’écoutais l’une de mes matinales préférées à la radio et j’ai été ravi de voir que Deepak Chopra y avait été invité pour être interviewé par téléphone. C’est dans ma nature d’être sans cesse à l’affût de sources de motivation et d’inspiration auxquelles me raccrocher, d’enrichir de paroles de sagesse la vague d’énergie positive que je m’efforce d’entretenir pour pouvoir continuer d’aller de l’avant. Parce que ce serait tellement facile de rester assis les bras ballants dans ma cellule du couloir de la mort du Texas, l’esprit en mode “je suis le plus malheureux du monde” – après tout, c’est bien le but de la mise à l’isolement : briser votre mental, et ça, je veille à ce que cela n’arrive jamais.

Donc, Deepak Chopra a commencé à partager sa sagesse, et c’est quand il s’est mis à parler de « complétude » je suis vraiment resté scotché. Quand le journaliste a demandé à Deepak de décrire ce qu’était la complétude, il en a fait un résumé magnifique. Il a indiqué que la complétude pouvait être décrite comme le niveau de performance ultime atteint par un athlète quand il se trouve dans “la zone”. Quand on tombe amoureux, on vit une sorte de complétude, qui correspond aussi à l’état de super-conscience que l’on peut atteindre pendant la méditation. C’est lorsque la conscience, le corps et l’âme fusionnent et se délestent de l’ego et de toute émotion. Alors, nous nous retrouvons et formons un tout.

Je repense à ma jeunesse, quand mon père me parlait de son souhait d’assister aux services religieux à l’église. Papa me disait que c’était comme s’il prenait “sa dose”, un peu comme le drogué a besoin de son shoot pour fonctionner. Si je comprenais plus ou moins ce qu’il voulait dire, j’ai dû attendre d’être déjà bien avancé dans ce périple incroyable qu’est mon existence dans le couloir de la mort du Texas pour véritablement saisir la portée de ses propos. Parce que j’accompagnais ma famille à l’office du dimanche, je savais de quoi il voulait parler. Lorsque nous avons déménagé à Irving, au Texas, nous avons commencé à fréquenter une église immense qui accueillait plusieurs milliers de fidèles et je me rappelle avec précision la beauté des chants religieux dans cet édifice géant. Lorsque l’assemblée de fidèles se mettait à chanter en chœur, on sentait l’énergie positive nous toucher au plus profond de l’âme et véritablement, cette énergie nous amenait à un niveau de conscience modifié. Maintenant, je comprends que lorsque l’on chante en chœur avec des milliers de personnes, cette marée de voix qui s’accordent puisse vous permettre d’accéder à un état de super-conscience. Quand on quitte l’église, on se sent bien, on est complètement grisé ! Voilà ce que voulait dire Papa et aujourd’hui, je reconnais ce phénomène comme un autre moyen de parvenir à cette complétude. Comme beaucoup le savent, mon périple m’a amené à créer des exercices  spirituels (prière, méditation et visualisation) et, grâce à ces exercices, je suis capable d’aller en moi et de me recentrer, d’accéder à cette complétude. Comme Papa le disait il y a bien longtemps, c’est mon « shoot » !

Alors que je suis assis et repense au contexte actuel lié au Covid19, notamment à la façon dont la pandémie a des répercussions sur notre vie de tous les jours, parfois 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, surtout si l’on se trouve en proie à la tristesse ou la dépression, je crois que l’une des clés pour survivre,  c’est de tenter de s’efforcer de parvenir à cette complétude. Pour le meilleur ou pour le pire, le confinement que nous vivons actuellement nous a permis de ralentir et d’écouter, de prendre le temps d’apprendre les différentes leçons que l’école de la vie tente de nous enseigner.

Je ne sais pas vraiment quand l’ordre de confinement sera levé et, pour vous dire la vérité, m’en inquiéter ne me fait pas de bien car je n’ai aucune maîtrise des événements. Par contre, ce que je peux maîtriser, c’est la façon dont je vis aujourd’hui. Ce matin, je me suis levé avec un but en tête, à savoir, vivre la journée d’aujourd’hui en profitant de chaque seconde. Hier, ce n’était pas le top, mais aujourd’hui, c’est un nouveau départ, et je suis bien décidé à en profiter à fond, et c’est bien ce que je fais. Ce but, c’est aussi faire de mon mieux, c’est coucher mes pensées et mon vécu sur le papier, dans un essai, dans l’intention d’aider les autres, alors qu’ils s’efforcent de gérer tant bien que mal la situation actuelle. En faisant ma part pour aider les autres, je comble un besoin et ça me fait beaucoup de bien !

“Comment cultive-t-on l’amour? Grâce à deux méthodes. D’abord, en considérant toujours les erreurs des autres, si énormes soient-elles, comme insignifiantes et négligeables. Et en considérant toujours nos propres erreurs, si insignifiantes et négligeables soient-elles, comme énormes. En étant désolé, et en présentant des excuses sincères. Grâce à cette méthode, vous faites en sorte de ne pas commettre d’erreurs ou de fautes, et vous devenez plus fraternel et plus tolérant. Ensuite, quoi que vous fassiez, que ce soit pour vous-même ou vis-à-vis des autres, faites-le en gardant à l’esprit que Dieu est omniprésent. Il voit et entend chaque mot et sait tout ce que vous faites. Quelles que soient vos paroles, n’oubliez pas que Dieu entend chaque mot; faites la part entre le vrai et le faux, et ne dites que la vérité. Quoi que vous fassiez, faites la part entre le bien et le mal, et ne faites que le bien. Efforcez-vous chaque moment de vivre dans la conscience du Seigneur qui est partout.” Baba Sai.

Une autre question très intéressante posée à Deepak Chopra est celle-ci: « comment rebondir face à cette crise liée au Covid19 ? » Voici ce qu’il a répondu : « Par la Gratitude. Si l’on associe à la reconnaissance de notre existence le choc de la pandémie, cette situation nous donne l’occasion de faire le bilan de notre vie et de notre personne, ce qui nous permet de retrouver notre équilibre et de reconfigurer notre vie, en regardant toutes choses via un angle de vision élargi en général. » Je peux vous dire qu’il prêchait à un converti ! Je vis chaque seconde de mon existence dans la gratitude autant que faire se peut, car c’est le seul moyen que j’aie de ne pas me disperser, et de ne pas laisser les difficultés de la vie me submerger.

Deepak a dit aussi que nous consacrons trop de temps et d’énergie à notre ego, à la course folle du quotidien et à cette course en avant qui nous pousse à vouloir toujours plus de succès. C’est ainsi que nous vivions depuis tellement longtemps, or la pandémie nous a pris tout cela. Nous avons aujourd’hui atteint le point où nous pleurons la perte de notre “vie d’avant” le Covid19. Au début, nous étions sous le choc, c’était l’incrédulité. Puis, est venu le déni (est-ce que tout ceci est bien réel?). Puis est arrivée la colère face à cette situation (saleté de coronavirus – je hais les chauves-souris !). Puis sont venues la frustration et résignation (qui  nous obligent à faire face à la situation et à mettre en place des stratégies d’adaptation) et, enfin, l’acceptation. L’acceptation nous permet de trouver un sens et de ressentir de la gratitude en nous demandant, par exemple, ce qui compte vraiment dans la vie… PRECISEMENT!

Deepak Chopra a aussi partagé quelque chose qui m’a vraiment touché. Pour lui, nous jouons tant de rôles dans la vie, celui de père, de fils, de mère, de fille etc. que nous en avons perdu notre identité véritable et que nous ne savons plus qui nous sommes vraiment. Nous sommes perdus.

Si nous parvenons à regarder en nous et nous reconnecter à nous-mêmes, grâce à la crise liée à la pandémie de Covid19 comme moteur pour digérer la fin de notre vie passée, celle d’avant le Covid19, nous pouvons remettre nos pendules à l’heure et entamer une nouvelle vie post-Covid19. Et, à partir de là, faire naître un monde meilleur. Un monde où régneraient plus de bienveillance et d’amour. Un monde où chacun aurait sa place. Cela dépend entièrement de nous. Nous maîtrisons à 100% cette phase de notre vie à présent. Il nous revient de décider dans quel genre de monde nous voulons vivre.

Moi, je crois que  nous avons besoin d’un monde où l’on s’applique à s’aimer davantage soi-même, à mieux s’aimer les uns les autres, et à aimer la terre davantage. Alors que je songe à cette chance extraordinaire qui se présente à nous, je me dis que c’est là un gigantesque défi. J’ai appris dans la vie que parfois, face à un défi qui nous dépasse, la meilleure chose que l’on puisse faire, c’est de foncer droit sur cette épreuve, sans trop réfléchir, sans lui laisser trop de prise, de peur d’être paralysé. Car nous avons tous la force et le courage de l’emporter. Cela peut sembler un peu hasardeux, voire périlleux, mais ce défi, nous devons tous nous y attaquer. Alors, je vous encourage à courir vers lui de là où vous êtes, et, de mon côté, je ferai ma part du chemin. Nous nous retrouverons au milieu et nous le surmonterons ensemble ! Ainsi, nous pourrons créer un monde meilleur, un monde plus tendre et plus aimant que celui que nous laissons derrière nous. Nous y arriverons !

AMOUR – PAIX – ESPOIR – ET UNE BONNE SANTE AUSSI !

 

NOUVELLES DU COULOIR DE LA MORT DU TEXAS – 14 AVRIL 2020

NOUVELLES DU COULOIR DE LA MORT DU TEXAS                 14  AVRIL 2020

“Le flot des événements est ininterrompu, rien n’est jamais certain, mais il s’agit de continuer d’aller de l’avant, avec la foi qu’un jour quelque chose de sûr émergera.” A.J. Darkholme

Est-ce que cela vous arrive de vous coucher et de réfléchir à ce que vous devrez faire le lendemain matin, et, pour une raison quelconque, de constater qu’il n’y a pas moyen de mettre un coup de frein au flot de pensées qui ne cesse de se déverser, alors que vous essayez de trouver le sommeil… Vous n’arrêtez pas d’ouvrir les yeux et de vérifier ce qu’affiche le réveil pour voir s’il est l’heure de se lever et de commencer ce qui doit être fait. Apparemment, ça m’arrive tout le temps – et je crois que ça a quelque chose à voir avec le chaos avec lequel notre planète se trouve aux prises, les énergies contraires, les planètes et tout se qui semble aller de travers en ce moment. Donc, quand je me suis finalement réveillé, je m’étais retourné dans tous les sens sur ma couchette pendant 6 heures d’affilée et maintenant, c’est comme si je n’avais pas fermé l’œil de la nuit ! Me voilà à présent allongé sur ma couchette, fatigué, à me demander: est-ce que je me lève et fais de mon mieux,  ou est-ce que je dors ? Parce que maintenant, j’arriverais à dormir sans problème ! Je trouve ça drôle après coup, et je ris même alors que j’écris à ce sujet, mais lorsque je vis cette folie, cela n’a rien de marrant.

Ce matin, c’était comme ça, et heureusement, la “Présence” en moi était aux commande [et non pas l’ego!] et m’a rappelé que je devais faire ce que j’avais besoin de faire et non pas simplement ce que je voulais faire. Alors, je suis sorti du lit et j’ai commencé ma journée : promenade à 6 heures, puis à un moment donné, rédaction du présent essai. Alors que j’étais dans la salle commune, je réfléchissais à un sujet d’écriture et me disais que je pourrais peut-être partager quelque chose qui puisse aider quelqu’un qui, dans le « monde libre » à du mal à vivre le confinement, à vivre “ma vie” à cause du contexte lié au Covid-19. Parce que c’est, je crois, ce vers quoi mon esprit me guide: partager mes pensées et mes expériences sur ce que l’on appelle le fait de “purger sa peine” et, je l’espère, aider quelqu’un qui a des difficultés. Je réfléchis à la situation et je sais que cela fait maintenant environ un mois que nous sommes tous sous le coup d’un ordre nous intimant de rester chez nous, ce que l’on appelle “confinement”, situation qui génère peur et stress et à laquelle il est difficile de faire face.

Pour moi, c’est comme si on avançait dans un très long et très profond tunnel, et que nous ne parvenions pas à voir la lumière du jour au loin, à l’autre extrémité. Or, quand on se retrouve dans ce genre de situation, avez-vous remarqué que le pire semble toujours se produire ? Quand on se retrouve dans cette spirale infernale, c’est tellement facile de voir tout ce qui cloche dans notre vie : notre compagnon ou compagne, ou même nos chats ou nos chiens ! Parce qu’après avoir vécu avec votre moitié ou votre animal domestique un mois sans interruption, il y a fort à parier que vous sachiez exactement ce qui vous agace chez lui ou chez elle !

Quand cela arrive, nous devons nous efforcer de rester concentré et nous rappeler quel est le but – la survie. Ces situations me rappellent un peu les premières années de ma détention dans le couloir de la mort du Texas, comment je me suis retrouvé  complètement seul, sans amis ni soutiens, sans aucun moyen de me battre contre la machine de mort dans laquelle j’avais été jeté. A ce moment-là, rien n’était certain dans ma vie. Rien. Deux choses m’ont aidé à traverser l’une des périodes les plus sombres de mon existence. La première était la foi et la croyance en Dieu que mes parents avaient semées en moi. Et la deuxième, c’était mon entêtement et mon refus d’accepter la défaite. Je ne savais pas comment je m’en sortirais mais j’avais la foi et j’avais la conviction que c’était possible. J’avais espoir et je n’ai rien lâché. Et la vie a ceci de particulier que lorsque vous faites tout ce que vous pouvez, ce n’est jamais vain. Vous pouvez avoir le sentiment d’avoir atteint vos limites, être prêt à abandonner, l’Univers vous enverra un signe qui, s’il est interprété correctement, vous rappellera que le Seigneur ne vous a pas oublié ! Je repense à ces moments-là et je trouve extraordinaire d’avoir pu y arriver. Et je vois de nombreuses similitudes entre cette époque de ma vie et ce que vous vivons tous aujourd’hui. Quoi qu’il arrive, nous devons tous continuer d’avancer, et tout donner, ne jamais abandonner.

 

“Vous devez être capable de reconnaître vos vérités  à la lumière du jour, avant de pouvoir les trouver dans l’obscurité.” Kelli Jae Baeli

Dimanche dernier, c’était le dimanche de Pâque, et, comme d’habitude, j’ai assisté à l’office religieux par le biais des ondes radio. Pour moi, c’est surréaliste d’imaginer que les fidèles du monde entier aient participé à la messe du dimanche de Pâque grâce à la radio, la télévision ou Internet. Mon église préférée, c’est la “Lakewood Church” de Houston, au Texas. C’est le Pasteur Joel Osteen qui y officie. Ma nature veut que je sois sans cesse en quête d’inspiration, de motivation. J’y trouve aussi des croyances « New Age ». Au fil des années, j’ai appris que ce n’est pas ce en quoi on croit qui est important, ce qui compte, c’est que l’on croie en quelque chose. Car il y a plus d’un chemin qui mène à l’éveil spirituel.

Frère Osteen nous a donné une merveilleuse image sur tout ce qui nous arrive à l’heure actuelle – la peur, le stress, la douleur, la perte et la déception, comme la morsure d’un serpent venimeux que l’ennemi a mis sur notre chemin.

Or, nous disposons du remède. Lorsque cet affreux serpent mord, injecte en nous son poison, nous avons l’anti-venin. Cet anti-venin, c’est notre foi, notre croyance en une Puissance qui  nous transcende, et l’espoir en des jours meilleurs. Car, lorsque ce serpent venimeux frappe, et que suite à cette attaque, nous perdons notre emploi, nos revenus, lorsque nous souffrons de nous trouver enfermés dans un petit appartement, sommes happés par l’angoisse et la peur car un tueur rôde, sous la forme du Covid-19, soit on tient bon et on espère des jours meilleurs, soit on abandonne et on laisse ce diable avoir raison de nous.

Personne n’avait jusque là connu un phénomène comme la pandémie que nous vivons actuellement, mais nous pouvons tous dire que le pire est derrière nous, pour le moment. Et ce qui nous a aidé à faire face jusqu’à present, c’est notre courage, notre force, notre foi, notre croyance. Au lieu de nous attarder sur tous les aspects négatifs de ce qui nous arrive, nous regardons devant nous, en sachant que les choses s’amélioreront.

La clé, pour avoir accès à l’anti-venin, c’est que nous devons encaisser le choc pour aller mieux. Ce serpent nous a pris par surprise et nous a mordus, il a injecté en nous peur, dépression et souffrance, mais nous n’y pouvons rien. Alors, nous devons rassembler nos forces et prendre l’anti-venin pour retrouver la santé. Notre anti-venin, c’est la prière, la méditation, la bienveillance, le sang-froid et la foi qui doit dicter nos actes car nous savons que c’est ensemble que nous relèverons  ce dernier défi en date auquel nous sommes tous confrontés. Et n’oubliez pas, cette tempête est comme toutes les autres, elle passera. Parce que ce n’est pas différent pour moi ici, dans le couloir de la mort du Texas, ou là-bas, dans votre coin du monde. Quand ce serpent nous a mordus, son intention était de nous tuer. Maintenant, à nous de décider si oui ou non, nous ferons ce qu’il faut pour surmonter ce coup mortel ou périr.

Je vais vous dire une chose que j’ai mis des années à comprendre – rien de ce qui arrive dans notre vie n’est le fruit du hasard. C’est un processus qui advient pour une raison bien précise, et si nous parvenons à tirer parti de la situation actuelle pour faire le calme en nous et recevoir les réponses à nos interrogations quant aux motifs possibles pour lesquels nous vivons ce que nous vivons, nous y trouverons un sens.

Alors, aujourd’hui, je garde les yeux rivés sur l’objectif. Je me livre à mes rituels ici: exercice physique, pratique spirituelle and je vis ma vie dans un esprit de gratitude, bref, je suis mon « traitement » chaque matin. Et vous ? J’espère que vous aussi, et mon souhait, c’est que ces réflexions venant d’un gars vivant dans sa cellule du couloir de la mort du Texas depuis près de 21 ans maintenant vous aident d’une façon ou d’autre autre !

AMOUR PAIX ESPOIR ET BONNE SANTE AUSSI !

Charles D. Flores #999299

Couloir de la Mort du Texas

Le 14 avril 2020

 

NOUVELLES DU COULOIR DE LA MORT – 18 février 2020.

NOUVELLES DU COULOIR DE LA MORT – 18 février 2020.

« Et la volonté humaine est la force la puissante jamais créée. Il y a ceux qui sont nés pour réussir et ceux qui sont déterminés à réussir. C’est du tout cuit pour les premiers. Les derniers poursuivent ce but à tout prix. Ils n’acceptent pas l’échec, rien ne les décourage. » Sherrilyn Kenyon

Avez-vous déjà été mis à l’épreuve dans la vie, au point où vous vous êtes demandé si vous alliez survivre ? Au point où vous vous êtes retrouvé au bord du gouffre, puis, où vous avez été poussé violemment dans le dos une fois encore, comme si l’on cherchait à vous faire basculer dans l’abîme ? Peut-être était-ce lors d’une maladie potentiellement mortelle ou de la perte d’un être cher ; voire de problèmes financiers qui vous ont fait perdre votre maison, vos moyens de subsistance… Si vous avez vécu ce genre d’épreuve, vous savez ce que c’est de se trouver dos au mur, et de n’avoir d’autre choix que de s’en remettre à Dieu/à une Puissance transcendante, pour vous aider à surmonter ce qui vous accable. Quand vous avez l’impression que votre force, votre volonté, votre courage et votre résilience seront mis à l’épreuve comme jamais auparavant, et que vous décidez de surmonter votre calvaire quel qu’en soit le coût, sinon, autant s’allonger sur le sol, accepter la défaite et laisser derrière soi quelques souvenirs amers et un tas de terre fraîchement remuée.

Pour moi, avoir été envoyé dans le couloir de la mort du Texas était et reste la plus grande épreuve de ma vie. Suite à cette condamnation, s’est enchaînée toute une série de revers et, après deux décennies passées à subir le feu de la forge, j’en viens à dire que j’ai une vraie force de caractère et que je suis déterminé à réussir. Rien ne m’arrêtera,  peu importent les obstacles, rien ne me fera baisser les bras. Certains jours, garder cet état d’esprit ne me coûte presque aucun effort, lorsque je suis fort et au somment de ma forme, que je surfe sur une vague d’énergie positive. Puis, d’autres jours, c’est extrêmement difficile. Les conditions de vie à l’isolement dans le couloir de la mort du Texas se font oppressantes et pèsent de tout leur poids sur mes épaules. Croyez-le ou non,  des choses apparemment anodines comme la météo s’ajoutent au fardeau, parce que quand il fait chaud, humide, et que s’installe la saison des allergies, du rhume des foins, je perds pied et penser devient même difficile ! Ceci dit, je reste déterminé car nous sommes tellement, tellement près du but, et qu’un jour, je me réveillerai et j’aurai quitté cette cellule du couloir de la mort du Texas. Alors, je vivrai la seconde partie de mon existence, libre, bien loin de cet endroit.

Ce matin, alors que j’écoutais ma radio, j’ai eu un aperçu de ce que cela pourrait être. Il y a une nouvelle émission de télé « For life », coproduite par Curtis Jackson, alias « 50 cents », sur ABC. Cette nouvelle série est basée sur l’histoire vraie d’Isaac Wright Jr, pris pour un baron de la drogue et condamné à tort à une peine de 70 ans, et à la prison à vie. Isaac Wright s’est formé pour devenir avocat et a commencé à travailler pour casser les condamnations de codétenus, ce qui lui a finalement permis de faire annuler sa propre sentence et de gagner sa liberté.

50 cents et Isaac Wright participaient à l’interview que j’écoutais ce matin. Quand on lui a demandé comment il avait rencontré Isaac Wright et comment il avait pris connaissance de son histoire, 50 cents a répondu qu’il n’avait jamais entendu  parler de qui que ce soit ayant écopé d’une peine de 70 ans et de la prison à vie, en plus. Alors qu’il entendait pour la première fois le récit d’Isaac Wright, il a fait une recherche Google pour voir si c’était vrai, et c’était bien le cas. 50 cents a dit qu’il n’arrivait pas à y croire. Puis il a commencé à « utiliser son argent » pour faire connaître au monde un exemple aussi incroyable de résilience et d’obstacles surmontés. Car il savait qu’il était essentiel de faire part de cette histoire et d’ouvrir les yeux de millions de quidams pour les sensibiliser aux injustices qui continuent de se produire quotidiennement au sein du système de justice pénale aux Etats-Unis.

Il m’est difficile d’exprimer avec justesse à quel point c’est étrange d’être soi-même victime d’une erreur judiciaire, d’être emprisonné dans le couloir de la mort du Texas, et d’écouter un frère qui a réussi à surmonter cette épreuve, envers et contre tout. D’ailleurs, il n’a pas seulement réussi à prouver son innocence, il a aussi rencontré un succès incroyable, notamment en faisant de l’histoire de sa vie une série télévisée sur une grande chaîne, qui sera regardée par des millions de téléspectateurs qui découvriront son expérience.

Quand on lui a demandé quelle était la chose la plus significative et la plus importante liée au fait que l’histoire de sa vie soit devenue une série télévisée, Isaac Wright a répondu que c’était le fait que des millions de personnes découvrent son destin, car il a laissé derrière lui en prison des milliers de détenus dans cette situation. Par ailleurs, le fait que des millions de téléspectateurs découvrent son parcours l’aidera à mettre en lumière les injustices qui se produisent constamment au sein de notre système judiciaire ! Ce sont les réflexions profondes d’un homme qui a vécu dans le ventre de la bête et qui en est sorti.

Ces paroles ont profondément résonné en moi ; je savais ce que voulait dire Isaac Wright Jr de par mon expérience personnelle. Je pense que la seule chose qui soit pire que d’écoper de 70 ans et de recevoir en plus une peine de prison à vie, c’est d’être condamné à mort, ce qui est mon cas ! Alors, oui, ces paroles faisaient parfaitement mouche.

Je suis très heureux que des super stars comme 50 cents aient le désir d’apporter leur soutien et permettent de diffuser sur de grands médias des histoires et des expériences personnelles comme celles d’Isaac Wright Jr, parce que, quand ce frère a expliqué avoir commencé à donner de l’argent à des gens pour concrétiser ce projet, il ne parlait pas de quelques centaines ni de quelques milliers de  dollars, non, il évoquait plutôt des millions de dollars. Et je sais que 50 cents est l’une des rares célébrités et l’un des rares producteurs à disposer des moyens nécessaires pour s’emparer de nos récits de vie et en faire des séries judicaires comme « For life ».

Mais revenons à ma vie. Ce matin, je me suis autorisé à rêver à ce que cela pourrait faire d’être libre et de rencontrer des personnes comme cette célébrité, qui ont à cœur de mettre un coup de projecteur sur la réforme de la justice dans ce pays, y compris le couloir de la mort. Parce que cela fait aussi partie de mon rêve : raconter mon histoire et sensibiliser le public à l’horreur de la peine de mort et apporter ma pierre au combat contre la peine capitale. Il y a peu, j’ai commencé  à dire de puissantes prières, qui serviront à des choses énormes, comme celle que j’évoquais plus haut ; mon l’impression, c’est que c’est tout proche. Je suis impatient de tout donner, d’y mettre toute ma force et j’ai le sentiment que c’est pour tout bientôt.

AMOUR PAIX ESPOIR ET LIBERTE, BIENTOT !

 

 

 

NOUVELLES DU COULOIR DE LA MORT DU TEXAS 15 MARS 2020.

NOUVELLES DU COULOIR DE LA MORT DU TEXAS                                      15 MARS 2020.

« Il en faut du courage pour ne pas se décourager. » Ben Ferencz

La vie a le chic de nous prendre par surprise. Alors même que l’on vient de se relever de la dernière épreuve et que l’on a enfin retrouvé force et courage, alors que l’on a atteint sa vitesse de croisière, voilà que l’on perd son boulot, qu’un ami ou qu’un membre de la famille décède soudain, ou qu’on apprend une mauvaise nouvelle de la cour d’appel, ou que l’on se retrouve à devoir faire face à un événement tel que la pandémie mondiale liée au coronavirus. Je pense que l’on peut dire que l’urgence internationale liée au Covid-19 qui concerne le monde entier nous aura pris de court !

Et les sentiments d’angoisse, de peur et de stress extrême qui ont suivi sont autant de défis qui exercent sur nous une pression intense à laquelle tout un chacun se retrouve forcément confronté. Lorsqu’un événement inattendu se présente, il est facile de se laisser submerger par de telles émotions et de paniquer, mais c’est lors de pareils moments qu’il nous faut garder courage, foi et espoir !

Il m’est difficile de décrire à quel point c’est pour moi surréaliste d’être ici dans ma cellule du couloir de la mort du Texas, où rien n’a changé dans mon existence quotidienne. On continue de m’apporter mes repas à la même heure, ce sont les mêmes gardiens qui viennent travailler, si bien que je vois les mêmes visages et tout ce qui change sans cesse ici reste imprévisible, si bien que rien ne semble différent. Ce qui modifie ma perception de ce qui se passe sur la planète me parvient par le biais des émissions de radio qui couvrent l’actualité. Je me branche sur la fréquence de la « National Public Radio » qui émet depuis Houston au Texas, et qui traite la situation liée au coronavirus aux Etats-Unis. J’écoute aussi la BBC qui me donne accès à des rapports actualisés sur ce qui se passe en Europe et à l’étranger. A la date où j’écris, la plupart des pays européens sont confinés et je ne serai pas surpris si la même chose arrivait aux Etats-Unis dans une semaine ou deux.

Alors que je tente de digérer ces nouvelles inédites qui me parviennent du monde du dehors, je pense à tous mes amis et à mes proches. J’espère que tout le monde va bien et dispose  d’assez de réserves pour tenir le temps de ces périodes de confinement. Et parce que je suis toujours confiné dans le couloir de la mort du Texas, je me rends compte que le monde libre est sur le point de ressentir ce que cela fait d’être incarcéré. Chacun pourra avoir un petit aperçu de ce que l’on ressent quand on est contraint de rester enfermé dans un espace restreint et qu’il nous est interdit de sortir faire ce qui nous plaît. Peu importe le statut social, on peut bien être multimilliardaire, si on va au mauvais endroit et qu’on s’expose, on contractera le coronavirus.

Demandez à l’acteur hollywoodien Tom Hanks, au Premier Ministre canadien Justin Trudeau. C’est comme face à la mort, quand on est confronté au Coronavirus, peu importe qui l’on est, toux ceux qui y sont exposés peuvent l’attraper et l’attraperont.

J’ai également bien conscience  du fait que cette pandémie mondiale entraîne des conséquences considérables, puisqu’il en va de la vie ou de la mort des personnes touchées. Peut-être que vous êtes jeune et en bonne santé, et que si vous contractez le virus, vous survivrez, mais cela ne veut pas dire que vos grands-parents, eux, survivront au coronavirus. Pour moi, c’est on ne peut plus concret. Je pense que de bien des façons, ce genre de menace mettant en jeu la vie des personnes est encore pire qu’une menace personnelle.

Et si l’un de vos proches mourrait parce que vous pensiez que ce n’était suffisamment grave pour rester chez vous et respecter la distanciation sociale que demandent les responsables politiques ?

Cela fait écho au genre de situation que vit toute personne du couloir de la mort du Texas. Nous sommes enfermés dans une cage pendant des années et des années et nous savons qu’il y a un tueur en liberté, qui guette les victimes qu’il pourra emporter. Si vous vous retrouvez face à face avec ce tueur, parce que vous avez épuisé tous vos recours en droit suite à votre prononcé de peine et votre condamnation à mort, le tueur viendra vous chercher, tout comme le coronavirus s’en prend aux personnes vulnérables du monde libre.

Les hommes et les femmes emprisonnés dans les couloirs de la mort du monde entier vivent ce genre de situation et nous savons quel effet cela peut avoir.

« La foi voit ce qui est invisible, croit ce qui est incroyable et reçoit ce qui est impossible. » Corrie Ten Boom

Alors, comment traverser cette épreuve ? Comment encaisser cette mauvaise surprise qu’est la pandémie liée au Coronavirus et comment nous recentrer et ne pas céder à la panique ? Pour moi, c’est une affaire de foi, de croyance et d’espoir. Quand tout semble impossible, quand on a l’impression que la terre va s’arrêter de tourner, nous avons plus que jamais besoin d’avoir la foi et de placer notre confiance en un Pouvoir qui  nous Transcende. Parce que c’est dans des situations exactement comme celle-ci que nous nous rendons compte à quel point nous avons peu d’emprise sur notre vie, et à quel point nous devons nous rappeler que face à des défis extrêmes comme celui que pose le Coronavirus, nous devons croire en Dieu.

Nous devons croire qu’une Transcendance est à l’œuvre dans nos vies et avoir confiance. La croyance et la foi recèlent un pouvoir incroyable et lorsque nous luttons, comme en ce moment, il nous faut croire en quelque chose.

Je me souviens du moment où j’ai commencé cette odyssée qu’est mon existence dans le couloir de la mort du Texas. Je ne savais pas comment j’allais y arriver, ni comment je pourrais trouver des personnes susceptibles de m’aider ni comment faire pour remettre en cause les « pièces à conviction » présentées pour me condamner et m’envoyer dans le couloir de la mort. Je n’avais pas de réponses concrètes, mais je croyais en quelque chose. J’avais l’espoir que ce n’était pas la fin et qu’un jour je quitterais cet endroit en homme libre. Cette foi et cette croyance m’ont permis de rester en vie et, d’une certaine façon, l’Univers m’a apporté ce dont j’avais besoin. Je ne suis pas encore tout à fait dehors, mais je suis proche de la porte de sortie ! Et c’est la même chose pour tout le monde – c’est sans doute difficile, mais nous ne sommes pas encore dehors, et grâce à la foi, nous pouvons nous reprendre, croire et surmonter tous les obstacles qui se présenteront dans notre vie.

« Fais preuve de la plus grande bienveillance. Tous ceux que tu croises sur ton chemin mènent une lutte, quelle qu’elle soit. On ne sait jamais quand un moment et quelques paroles sincères pourront avoir un effet sur une vie. » Anon

Là encore, je parle d’expérience – quand je sens l’angoisse monter, quand je subis un stress, quand je suis à plat, je sais que l’un des meilleurs moyens de commencer à sortir de cet état, c’est d’aider les autres. Je sais que dans les jours, les semaines, les mois à venir, il sera peut-être facile de vous centrer sur vous et vos besoins à cause des difficultés engendrées par le coronavirus. Seulement, quand nous ressentons stress, angoisse et peur, purement et simplement, c’est le genre de situation qui constitue l’un des meilleurs moyens de basculer notre point de vue pour nous focaliser sur la souffrance d’autrui. Ce faisant, nous nous rappelons que nous ne sommes pas les seuls à souffrir et qu’il y a toujours quelqu’un pour qui c’est encore plus dur. Tout comme c’est le cas ici, les hommes et les femmes des couloirs de la mort partout dans le monde s’aidant les uns les autres de façon active, surtout quand les choses deviennent compliquées, chacun peut tendre la main à son voisin dans le monde libre.

Peut être que la situation actuelle ne vous permettra pas de frapper à la porte de votre voisin et de lui demander comme il va ; mais cela ne doit pas vous empêcher de laisser un mot pour lui demander comment il va et en quoi vous pourriez l’aider et laisser notre numéro de téléphone et votre adresse e-mail. Ce n’est qu’un exemple de ce que vous pouvez faire, à votre échelle, pour rester attentif aux uns et aux autres dans le monde libre.

Lorsque l’on soulage la souffrance d’une autre âme, alors que l’on souffre soi-même, cela nous permet, à soi comme à l’autre, de sortir de cet échange en se sentant mieux – chacun aura alors entamé sa guérison.

Ensemble, avec foi, en croyant en une puissance qui nous dépasse et en nous mettant au travail pour faire le bien, nous pouvons tous traverser cette période de notre vie qui nous met au défi. Ayant fait face à cette vraie peur ensemble, nous en ressortirons plus forts. Et ce faisant, peut-être vous serez-vous fait de nouveaux amis !

Si l’on affronte tous cette situation avec détermination et persévérance, on peut s’unir et surmonter cette urgence internationale. Et aussi en ressortir meilleurs !

AMOUR, PAIX, ESPOIR ET BONNE SANTE !

Charles D. Flores N°999299

Couloir de la Mort du Texas

Le 15 mars 2020.

 

 

 

 

 

 

NOUVELLES DU COULOIR DE LA MORT DU TEXAS 29 MARS 2020

NOUVELLES DU COULOIR DE LA MORT DU TEXAS         29 MARS 2020

“Un jour, ce monde sens dessus dessous tournera de nouveau rond. Rien, dans toute l’éternité, ne le fera retourner dans le mauvais sens. Si nous faisons preuve de sagesse, nous nous servirons de notre brève existence sur terre pour embrasser ce renouveau.” Randy Alcorn.

Alors que je suis installé à ma table pour écrire, un quart de la population mondiale se trouve sous le coup d’un ordre de confinement de l’Etat, dans l’espoir de stopper la propagation du virus Covid-19. Cet ordre a aussi été émis dans le comté de Polk au Texas, là où se trouve la ville de Livingston.  A compter du 28 mars 2020, tous les résidents doivent respecter l’ordre de confinement.

En d’autres termes, la plupart des Européens et une grande partie des habitants des Etats-Unis restent chez eux, et vivent dans des conditions de confinement, tandis que la vie à l’Unité Polunsky reste la même. Nous continuons d’avoir nos “promenades”, nos douches, des repas chauds, en bref, c’est la routine habituelle de tous les jours qui s’applique ici. A cause de cette réalité, j’ai l’impression d’être dans un rêve. Dans le couloir de la mort, rien ne bouge, tandis que dehors, dans le monde libre, les gens vivent confinés alors que le coronavirus se répand comme une trainée de poudre. Ce moment de nos vies me fait penser au fait que tout est chamboulé et que rien ne sera plus jamais comme avant.

Je sais qu’au moment même où j’écris ce texte, chacun dans le monde subit les conséquences de la pandémie de covid-19 et que, personnellement, il m’est difficile de ne pas m’inquiéter et de faire barrage à l’angoisse et à la peur, pour ne pas me laisser submerger. Je suis l’évolution du Coronavirus depuis la mi-février et il semble que mes pires craintes se soient confirmées. Des amis à travers toute l’Europe sont touchés par le coronavirus. Même le courrier est impacté, car en France la livraison du courrier est réduite à quelques jours par semaine et qu’elle est même suspendue au Royaume-Uni. Ces perturbations augmentent mon stress et mon anxiété car je ne sais pas si mes lettres arriveront chez mes proches, dans différents pays, ni quand. Ce qui est surréaliste pour moi, c’est de continuer à écouter les bulletins d’informations du monde entier à la radio et de ne pas voir les images à la télévision ou sur Internet. C’est déroutant d’entendre parler de centaines de personnes qui meurent en Italie, en Espagne, en France et au Royaume Uni chaque jour, et de ne pas savoir si quelqu’un qui est lié à moi est affecté. Cela entraîne chez moi angoisse et inquiétude, là où je suis, et personne ne peut rien y faire. C’est actuellement la situation à laquelle je me trouve confronté et tout ce que je peux faire, c’est tenter de rester calme et serein, et de ne pas laisser les incertitudes du monde me submerger.

“Le bonheur et la liberté commencent par une compréhension claire du principe suivant – il est certaines choses que l’on peut maitriser et d’autres non.”  Epictète.

Il est une chose que je sais de par mon expérience personnelle, c’est comment faire face à l’adversité. Quand nous sommes confrontés à une difficulté, la première chose à faire, c’est de morceler le problème en différentes parties plus simples à gérer. Pour le moment, nous nous attendons tous à un prolongement du confinement. Avec un peu de chance, nous en aurons pour un mois, mais cela pourrait durer plus longtemps. Nous n’y pouvons rien. Cette réalité de notre vie peut nous faire vaciller si nous nous mettons à penser aux moyens de tenir la durée de ce confinement 4, 6, 8, voire 12 semaines d’affilée. On aura alors perdu la guerre avant même d’avoir mené la première bataille, car nous serons submergés par le problème. Au lieu de cela, nous devons nous attacher à vivre un jour à la fois. Il s’agit de mettre un pied devant l’autre alors que nous traversons cet incendie qu’est le coronavirus. Si nous n’arrivons pas à nous concentrer sur le moyen de parvenir au bout de la journée, alors on doit essayer d’y arriver d’heure en heure. Parce que, si on sent la panique monter et que l’on n’est pas sûr d’y arriver pour la fin de la journée, il s’agit de détailler cette journée en tronçons plus courts. Vivre d’heure en heure, si ça va vraiment mal, résister jusqu’à la prochaine inspiration. Parce que je vous le promets, tant que la vie est là, il y a de l’espoir, les choses s’amélioreront, nous verrons le bout de ce moment de folie.

“Cultivez l’amour. Semez des graines d’amour dans tous les cœurs. Arrosez d’amour le sable du  désert, laissez chaque être profiter des pousses vertes, des jolies fleurs, d’une belle récolte de nectar, de joie, de paix et de parfait bonheur. C’est là mon souhait, ma mission, mon vœu” Baba Sai.

Dans des moments comme celui que nous vivons, c’est vraiment une bénédiction que de savoir conserver un semblant de paix intérieur, et de faire en sorte que cette paix soit la base qui  nous permette d’avancer. Personnellement, je me calme par de profondes inspirations, les yeux fermés, et je me concentre sur la gratitude et sur tout ce qui fait que je peux dire que j’ai de la chance.

Il est difficile de vaciller quand on peut changer de regard par la paix, la gratitude, et, surtout, l’amour. Si l’on peut tenter de centrer toute son attention sur l’amour, et s’efforcer de le répandre auprès de ceux qui nous entourent par des actes de gentillesse, alors, le monde autour de nous sera bien meilleur. Car, même en pleine catastrophe planétaire, si l’on peut axer notre attention sur la paix, l’amour, la bienveillance et la gratitude, c’est suffisant pour nous faire tenir le coup. Si cela m’a permis de tenir plusieurs décennies dans le couloir de la mort du Texas, cette méthode vous permettra de faire face à ce qui vous attend les quelques prochains mois.

Essayez de vivre l’instant présent, de vivre une inspiration, une heure, une journée après l’autre. Si vous y parvenez, avant que vous ne le sachiez, vous aurez eu trois ou quatre bonnes journées d’affilée. Puis une semaine, deux semaines, et avant que vous ne vous en soyez rendu compte, vous vous serez dégagé de cet état d’esprit marqué par le stress, l’angoisse et la peur et aurez retrouvé  de la force. Vous serez dans un état d’esprit où règnent la paix, la gratitude, l’amour et la bienveillance, ce sera le socle incroyable sur lequel vous vous appuierez pour vivre. Et peut-être qu’on pourra adopter la bonne posture pour nous préparer au nouveau monde qui adviendra, un monde qui tourne rond.

Je veux que, où que vous soyez, vous sachiez que je pense à vous, que je prie pour vous et que je vous envoie  une énergie positive, des ondes bienfaisantes, que je demande à notre Seigneur de vous donner l’amour, la force et le courage de traverser l’épreuve qui est la vôtre en ce moment même. Que vous soyez bénis et que vous sachiez que si vous pensez que personne ne vous aime, moi, je vous aime ! Soyez prudent, portez-vous bien et chérissez vos proches aujourd’hui plus que jamais.

AMOUR, PAIX, ESPOIR et BONNE SANTE !

Charles D. Flores, N° 999299

Couloir de la Mort du Texas, Unité Polunsky

 

Nouvelles du couloir de la mort du Texas, 24 Janvier 2020

NOUVELLES DU COULOIR DE LA MORT DU TEXAS, le 24 JANVIER 2020

“Tout au long de la vie, au fur et à mesure qu’on évolue, on se construit un personnage dont on revêt le masque face au monde. Ce personnage sert à nous protéger et nous sauve. Ce personnage devient aussi notre gagne-pain. Puis, un jour, on se réveille et on se rend compte qu’on n’a plus besoin de ce personnage; c’est alors qu’on doit volontairement s’en débarrasser, le laisser mourir. On a alors acquis suffisamment de sagesse grâce aux expériences de la vie ; on réalise que  ‘la personne que l’on est vraiment suffit’.”

-Will Smith

ROLES ET PERSONNAGES. Il y a quelques semaines, j’écoutais un matin à la radio une émission où était interviewé l’acteur Will Smith. Il y partageait la citation que je paraphrase ci-dessus. Lorsque je l’ai entendu nous confier ces paroles de pure sagesse, je savais que c’était là une vérité absolue et j’ai été impressionné de m’apercevoir à quel point ces pensées s’appliquaient à ma vie et, en réalité, à celle de la plupart des personnes que je connais. Je repense à mon enfance, à la façon dont j’ai été élevé. Je suis né et j’ai grandi au Texas, au sein d’une famille latino. Le fait d’être Texan constitue déjà tout un programme, sachant que les garçons y sont censés devenir des durs, ne jamais montrer aucune faiblesse, ne jamais pleurer ! Sois un dur à cuire ! Ajoutez mon héritage mexicano-américain à ce cocktail explosif à base de machisme que l’on inculque aux petits garçons, et vous aurez là le contexte malsain dans lequel j’ai grandi. Mes frères aînés aimaient se bagarrer avec moi et, ce faisant, m’apprendre à me battre, à ne pas me laisser faire; c’est comme ça qu’ils voulaient “m’endurcir”, et j’y ai rapidement pris goût. Arrivé à l’adolescence, j’excellais à jouer ce personnage de gros dur que j’avais créé, et qui, désormais aimait aussi faire la fête ; la drogue, l’alcool et un mode de communication qui passait trop souvent par la violence étaient mon quotidien. Une fois à l’âge adulte, personne ne pouvait me dire quoi que ce soit, pas même la police ! Ce facteur est l’un des éléments essentiels qui expliquent ma présence dans le couloir de la mort du Texas.

LA CHUTE. J’avais 29 ans quand je suis arrivé dans le couloir de la mort du Texas. A ce moment-là, ce personnage de dur à cuire m’a bien aidé. En fait, j’étais si doué pour jouer le rôle du gars qu’il vaut mieux ne pas chercher que j’en ai oublié qui j’étais vraiment pendant des années et des années. Parce qu’en prison et dans le couloir de la mort, toute cette question du respect/manque de respect occupe une place centrale et que là encore, malheureusement, j’excellais à ce genre de folie. Alors que je jouais mon rôle au sein de la communauté où j’étais incarcéré, dans le couloir de la mort du Texas, que je montrais à tout le monde que j’étais le type costaud et taiseux, ce genre de gars à qui il ne faut pas chercher de noises etc., je souffrais à l’intérieur. Je faisais le deuil de tout ce que j’avais perdu, j’avais mal, je pleurais au souvenir de ma vie d’avant et, faisant face à ce qui m’arrivait, je ne comprenais pas comment les choses avaient pu aller si loin, comment toute cette folie était arrivée… Je n’en avais vraiment aucune idée. “Peut-être que le but de l’existence n’est pas tant de devenir quoi que ce soit que de se défaire du costume, de laisser tomber le masque de ce personnage finalement assez  loin de ce que l’on est vraiment, pour que l’on puisse être celui que l’on était destiné être dès le départ.”– auteur inconnu

LA VALLEE. Vers 2010, j’ai commencé à me rendre compte que j’avais à tout prix besoin de trouver un moyen de me contrôler, de maîtriser mes pensées, mes actions, ma manière de vivre, parce que la manière que j’avais de « fonctionner » alors me causait trop de souffrance, de chagrin, de douleur. J’avais atteint le fond du fond, et savais que le choix qui se présentait était de comprendre ce qui se passait ou alors de périr ; or, je n’avais pas envie de mourir sourd, muet et aveugle. Comme le veut le vieil adage, à toute chose malheur est bon. Mon malheur avait pour nom souffrance, douleur, chagrin. C’est à coups de désespoir que les leçons les plus essentielles nous sont assenées, c’est ainsi que la vie m’a enseigné l’indispensable. J’ai commencé à apprendre les principaux outils qui permettent la résilience et me suis mis à les utiliser chaque jour. L’un de ces outils les plus importants et les plus efficaces, c’était la pratique spirituelle/la méditation, la prière et la visualisation. C’est là que j’ai trouvé tous les réponses que je recherchais. Tout ce qu’il me fallait faire, c’était d’aller au Royaume des Cieux et les trouver. Alors que j’entamais ce travail sur moi-même, je commençais à apprendre d’autres choses que la souffrance voulait bien m’enseigner, comme la gratitude ou le fait de vivre chaque jour en étant reconnaissant de tous les bonheurs, petits ou grands, semés sur son chemin. J’ai appris la sagesse, ce genre de chose qu’il est impossible d’apprendre dans les livres, des leçons que seul un endroit comme le couloir de la mort du Texas pouvait mettre dans le crâne d’un homme aussi têtu et obstiné que moi. Et j’ai appris l’humilité. J’ai appris que j’avais besoin des autres pour survivre et que dans certaines situations, je ne pouvais pas me sauver moi-même.

LA REMONTEE. Alors que j’ai continué à travailler sur moi, creux après creux, j’ai commencé à apprendre certaines choses sur la fierté et l’ego et à me rendre compte que ce personnage de dur à cuire, ce n’était pas vraiment moi.

Aujourd’hui, je suis la Conscience qui reconnaît que je ne suis pas ce personnage. C’était pour moi essentiel, parce qu’une fois que l’on s’est rendu compte de ce genre de chose, on n’est plus jamais le même. Même si l’on se laisse consciemment aller à faire des choses que ce personne que l’on s’est créé nous dicte, on sait pertinemment que cela ne nous correspond pas vraiment. Et si on est parfaitement honnête avec soi-même, un jour, en chemin, on en arrive au point où l’on sait que ce personnage n’est qu’un masque, et qu’en réalité, il nous empêche d’être pleinement nous-mêmes, de devenir la personne que l’on était destinée être: une âme bienveillante, sensible, pleine de compassion. Et de voir que ce Véritable Soi suffit; je suis moi et c’est suffisant.  Bien sûr, je peux toujours me protéger et, si besoin est, protéger mes proches, mais je ne suis plus piégé dans cette folie de vouloir communiquer par la violence. Et, en réalité, je m’emploie à chercher de nouveaux modes de communication et à apprendre à les appliquer. Je réalise que cette histoire de respect et d’affront n’est qu’une machine à alimenter l’ego qui n’entraîne que chagrin, douleur et peine. Ce genre de leçon de vie fondamentale ne peut s’apprendre que par l’expérience personnelle et, alors que je progresse, je continue de gagner en sagesse et je comprends qu’une fois encore, les revers qui jalonnent l’existence ont pour but de nous guider vers notre destination finale, vers le point d’arrivée qui nous était littéralement destiné ; je réalise que ce personnage qui m’a fait arriver ici a rempli sa fonction et qu’il est temps de tomber le masque. J’ai enfin atteint ce point de ma vie où je comprends qu’en toute chose, mon moi véritable suffit, et je suis désormais prêt à lâcher l’idée que je veux que les gens se fassent de moi. Voilà ce que m’a enseigné mon long isolement dans cette cellule du couloir de la mort. Ce sont là des leçons que je n’aurais sans doute pas pu apprendre ailleurs. Et maintenant que ces aspects se sont pour moi éclaircis, je suis reconnaissant de cette expérience. Parce que je suis plus proche que jamais de devenir la personne que j’étais destinée être dès le départ, maintenant que je me suis débarrassé de tout ce qui n’était pas véritablement moi. Et, maintenant que j’ai désappris ce vieux mode de fonctionnement, je peux me présenter tel que je suis vraiment au petit monde du couloir de la mort du Texas et au monde qui se trouve de l’autre côté de ces murs, sachant que ce que je suis suffit !

AMOUR PAIX ESPOIR & RIRES !

Charles D. Flores No: 999299

Couloir de la Mort du Texas

Le 24 janvier 2020