Journal – 23, 26 & 29 oct. 2017

Lundi 23 octobre 2017. Je me retrouve à écrire une semaine après la fin des témoignages verbaux de mon audience en examen de preuves. J’ai bénéficié du repos dont j’avais grand besoin et j’ai pu dormir peut-être 6 heures d’affilée. Je me sens mieux. J’ai rencontré mes avocates jeudi dernier et elles m’ont dit que le journal « Dallas Morning » avait publié un très bon article sur mon affaire cette semaine. Apparemment, le journaliste a assisté aux trois jours d’audience. J’ai  hâte d’être au 4 décembre 2017, lors de la phase de présentation des conclusions finales, où nous pourrons aborder chacun des points potentiels concernant le « faisceau de preuves » que les procureurs sans foi ni loi ont créées pour gagner et faire en sorte que je sois condamné.

Mon avocate m’a aussi dit qu’elle avait été contactée par la « Texas Coalition to Abolish the Death Penalty » (TCADP) qui souhaite travailler avec nous sur mon dossier. Et, l’association « National Innocence Project » souhaite aussi faire partie de l’équipe juridique qui m’aidera à retrouver la liberté. Tout le monde est le bienvenu ! Plus on est de fous, plus on rit ! Ce n’est plus qu’une question de temps avant que je sois libéré.

Jeudi 26 octobre 2017. J’ai été transféré dans une nouvelle unité et j’en suis très heureux. L’unité où je me trouvais avant était pleine de jeunes qui avaient commis de graves délits et faisaient face à de longues peines de prison. Et, de nombreux gars considérés comme « faibles » se sont fait tabasser et ont dû partir. Puis, nous n’avons plus eu la télé pendant 2 jours et les choses n’ont fait qu’empirer. D’autres détenus ont encore dû partir. Et, aujourd’hui, les gardiens nous ont annoncé que nous allions tous déménager ! Ils ont réparti les détenus de cette unité où les nerfs sont à vif entre plusieurs enceintes. Pour moi, tout va bien. Ceux qui jouent les gros durs savent qui ils peuvent provoquer et à qui il vaut mieux ne pas se frotter. Il faut dire aussi que j’en ai fait des « amis » dès le départ !

Bon, déménager, c’est rarement une partie de plaisir, mais,  cette fois, c’est l’exception qui confirme la règle. Je me trouve dans une unité de 28 hommes deux fois plus vaste que l’ancienne. Je suis désormais hébergé dans une cellule  avec une autre personne, mon codétenu, et cette cellule fait à peu près la taille de ma cellule à Polunsky. Il y a 14 cellules en tout dans cette unité, et une grande salle commune où l’on trouve une télé, des téléphones etc. L’ambiance est beaucoup plus calme ici et je m’entends bien avec mon compagnon de cellule, Raymond.   A 20 ans, il vient d’être condamné à 55 ans pour braquage et attend de rejoindre un établissement de la TDCJ (Texas Department of Criminal Justice). Il se trouve au tout début du chemin alors que je termine mon parcours dans cet enfer.

Dimanche 29 octobre 2017. Je suis bien installé dans mon nouveau lieu de vie. Là, je suis assis au bureau de ma cellule pour rédiger ce billet. Je me rends compte à quel point j’étais stressé dans mon ancienne cellule de 6 personnes, avec ces autres types. J’apprécie beaucoup de disposer de temps calme, seul, dans mon  nouveau « chez-moi », tandis que mon compagnon de cellule se trouve dans la salle commune, en train de regarder la télé. En ce moment même, on peut voir un bon match de foot américain. La chance m’a souri lorsqu’on a désigné Raymond pour être mon codétenu. J’ai prévu de concocter un petit festin dans quelques instants et en donnerai la moitié à mon compagnon d’infortune. Nous sommes prévenants l’un envers l’autre et j’en suis très heureux.

Maintenant que je me trouve dans cette unité plus paisible où les détenus sont beaucoup plus calmes et discrets, je me rends compte que l’autre unité survoltée était un asile de fous ! Je sais ce que c’est que de faire « une longue peine » et peux être enfermé n’importe où, mais si on me laisse le choix, j’aime autant que ce soit dans une unité calme comme celle-ci ! J’en profite à fond.

 

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